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11/07/2008

Valentin

Plus de place au Baratin ?

Soit, nous filons tout droit chez Valentin

C’est à deux minutes, montre en main.

Que savoure-t-on ici ? Un indice, sur la carte, évoque une cuisine de « Belleville et ses environs » pour expliquer que le patron, auvergnat de Saint Flour (Cantal), a repris cet ancien restaurant argentin et que les cuisinières sont thaïlandaises. Décor de bistrot (rideaux et patères à l’ancienne, grands miroirs, banquettes rouges comme au théâtre) et dessins de Tardi aux murs, l’ambiance est sans chichis.

L’accueil est chaleureux, le patron a bien pris soin de noter les préparations du jour sur une ardoise, de l’écriture la plus soignée et la plus illisible qui soit, il vient donc vous faire la lecture. Viandes d’Argentine, recettes sud-américaines et tripoux d’Auvergne sont mâtinés de préparations thaïes délicatement épicées ; c’est bon, et même mieux que ça, les viandes sont savoureuses et cuites à la perfection. Pour ne rien gâcher, les portions sont copieuses, au point que nous ne goûtons pas aux desserts : il faudra revenir, qu’à cela ne tienne, ce sera sans hésitation !

Adresse :
64, rue Rebeval
75019 Paris
Tél : 01 42 08 12 34

13/06/2008

Krung Thep

Un peu excentré de l’animation bellevilloise, ce restaurant n’est guère engageant vu de l’extérieur, il semble presque à l’abandon pour tout dire. Mais comme précise le dicton « l’habit ne fait pas le moine ». Alors, nous décidons de nous y rendre.
Joli intérieur avec des tables basses en bois massif sculpté réhaussées de petits poufs roses. Des bouddhas au mur, de belles lampes, des bougies à chaque table… rien de comparable avec les restaurants chinois bellevillois. Chose surprenante tout de même on dirait des tablées de nains et là le charme s’efface pour laisser place à une légère angoisse: comment vais-je faire pour m’asseoir ?

Je vous préviens tout de suite, il serait de très mauvais goût d’y d’inviter la tante Louise âgée de 80 ans ou la copine qui souffre d’une sciatique après son déménagement sans parler du bon pote Hardy. Evidemment tout le monde vous regarde du coin de l’œil pour examiner la technique que vous allez utiliser pour réussir l’exploit de glisser vos jambes enkylosées par le froid sous la table… quelle chouette idée j’ai eue de renoncer à mettre la dernière jupe achetée chez « Foufoune et Cie » ! A bon entendeur…

Une fois installé, on se remet de cette partie de jambes en l’air et l’on s’aventure sur le long parcours du menu bilingue avec ou sans photos en faisant craquer sous les dents les traditionnels beignets aux crevettes. Plein de bonnes choses, un thaï en quelque sorte.

Un excellent repas, malheureusement gâché par une serveuse qui vous sert une succulente dorade en faisant une gueule de raie et qui semble avoir hâte que la soirée se termine vite. D’ailleurs je ne sais pas à quoi elle carbure, mais toutes les 5 minutes, elle ouvre le frigo pour boire une potion. Sûr ce n’est pas du Gin Cheese, passons…

Les spécialités (salade de pamplemousse ou de papaye verte par exemple) sont délicieusement épicées c’est-à-dire réellement piquantes, rien à voir avec les habituels préparations très édulcorées de la plupart des restaurants dits thaïlandais, sans atteindre non plus le niveau brûlant qui fait l’ordinaire des thaïlandais.

De façon plus sérieuse, sachez que le bouche à oreille fonctionne bien à tel point qu’il vaut mieux prévoir une réservation. Dernière précision, le restaurant est ouvert le samedi et dimanche midi et ne prend pas la carte bleue.

93, Rue Julien Lacroix
75020 Paris
Tel : 01 43 66 83 74
Métro : Belleville

30/03/2008

Zoé Bouillon

Par ici la bonne soupe !

Sur une idée originale, les menus sont organisés autour de deux soupes à choisir parmi les préparations du jour, ce petit restaurant dissimulé entre les rues de Belleville et des Pyrénées offre un accueil simple et souriant.

Ici, pas de soupe à la grimace ni d’yeux dans le bouillon et il y a fort à parier que même les enfants qui ne veulent pas grandir se laisseront séduire par Zoé, Séraphin et leurs potages qui remettent à l’honneur des légumes oubliés (le panais par exemple) ou célèbrent des mariages inattendus comme celui du poireau et du gingembre.

Pour les plus timides, qui craignent de tomber comme un cheveu sur la soupe, Zoé prépare également des menus à emporter et à savourer chez soi.

Dernière originalité, en vous inscrivant sur le site Internet, vous pouvez devenir le patron d’un soir et inviter vos amis, à la condition expresse de faire le ménage ensuite… et de ne pas préparer un bouillon de onze heures.

Adresse :
66, rue Rébeval 75019
tél : 01 42 02 02 83

12/03/2008

Les hauts de Belleville

Nous sommes grimpés de quelques étages, du bas Belleville via la rue Piat jusque la rue des Envierges, avant de nous retourner sur Paris maintenant à nos pieds. Si le panorama reste méconnu, il est néanmoins spectaculaire : prenons notre temps, les hauts de Belleville peuvent attendre encore quelques minutes.

Une promenade dans la villa l’Ermitage, îlot de calme ponctué de petits pavillons du XIXème siècle à deux pas de l’agitation de la rue des Pyrénées, est une invitation à l’oisiveté.
Jusqu’à ce que quelques émanations de solvants viennent vous chatouiller les narines. Normal, le mur des improvisations est proche et peut-être surprendrez-vous, de jour comme de nuit, des tagueurs en pleine action. Ils sont sympathiques et passionnés. L’activité est rarement solitaire, elle se construit en groupe où chacun définit son espace. La capuche sur la tête, le masque à gaz collé au visage, la bombe à la main, ils créent parfois juchés comme des acrobates sur des poubelles. Un réel contraste, un choc saisissant entre un art des rues, très contemporain, et l’espace urbain dans lequel il s’inscrit. Pour ma part j’ai une préférence pour la poésie des pochoirs de Miss Tic, la naïveté de ceux de Mosko & associés ou de Némo et l’étrangeté de l’homme blanc de Jérôme Mesnager.

Une visite rue du Jourdain en haut de laquelle trône la colossale église Saint Jean Baptise et où les plus fortunés du quartier font la queue le dimanche à la pâtisserie de l’église vous fait pénétrer le cœur du quartier. Vous remplirez facilement votre caddie de provisions pour la semaine : primeurs, boucher, fromager, tripier même (ils sont devenus si rares) jalonnent cette portion de la rue de Belleville qui remonte du métro Pyrénées jusqu’à la place des Fêtes.
Vous emprunterez la rue de la Villette pour faire un peu de lèche-vitrine ou pour rejoindre le majestueux parc des Buttes-Chaumont et son célèbre pont des suicidés. Le lieu idéal pour faire courir Médor, brûler vos calories, inviter tous vos amis à un pique-nique à défaut de pouvoir le faire dans votre 30m2 trop exigu. Pour les enfants, l’occasion de manger des barbes à papa, des gaufres ou des glaces à l’italienne, d’essayer le vélo ou les patins à roulettes flambants neuf, d’assister au «pestacle» de Guignol, de faire une ballade en poney.

Belleville c’est aussi les ateliers d’artistes de Ménilmontant, un tout nouvel espace d’art et de création incarné par la pavillon Carré de Baudouin –ex château de Ménilmontant, des lieux tendance de la nuit parisienne où entrent en concurrence La Bellevilloise (ancienne coopérative fondée par des ouvriers) et ses soirées électro-groove et la Maroquinerie où alternent reggae, funk, chanson française, musiques du monde.

Vous l’aurez compris, un territoire plein de contrastes où se projette dans de nombreux lieux l’ombre du passé, un quartier parmi tant d’autres avec son histoire singulière que l’on découvre petit à petit, indice après indice : plaques commémoratives, rames historiques, panneaux, fresques sur les façades, etc. laissés là comme si l’homme craignait toujours de perdre la mémoire.

12/02/2008

Le baratin

Cette fois nous avons réservé, nous ne voulons pas nous faire gentiment éconduire une seconde fois !

Nous avons pu retenir une table pour 19h30 mais d’autres clients sont attendus à 21 heures, inutile d’espérer traîner à table. Ambiance bistrot, sans fioritures, la carte est présentée sur un tableau noir qui circule de table en table. Nous faisons l’impasse sur les entrées, pourtant alléchantes (sardines crues marinées à la coriandre, poêlée de calamars au pimenton), et optons d’emblée pour l’épaule d’agneau de Lozère, rattes et épinards frais. Un verre de vin (un morgon, 5 euros) et nous nous attaquons à une assiette joliment équilibrée : la viande est délicieuse, on se demande même si on a déjà mangé de l’agneau quand on y goute, relevée d’une sauce simple et légère. Une réussite que les desserts, crumble pommes framboises pour moi et fondant au chocolat pour mon ami viennent superbement couronner.

Clientèle jeune et branchée pour une part, plus mûre et intello-bobo pour l’autre, l’ambiance reste agréable, bien aidée par un service détendu mais un rien empesée par les suites pour violoncelle de Bach en fond sonore.
Tout compte fait et l’addition (50 euros) digérée, l’adresse est très recommandable, on ne manquera pas d’ailleurs d’y revenir.

Nota bene : ne faites pas comme moi, évitez de commander un Coca ou un Orangina vous risquez de vous faire mal voir. C’est pire qu’un affront. Ici on marie les mets au ballon ou à la bouteille. Mise en carafe j’ai opté pour l’eau plate !

Adresse :
3, rue Jouye-Rouve
75020 Paris
Tél : 08 99 69 06 36

20/01/2008

L'Escargot

C’est au coin de la rue de la Villette et de la rue des Solitaires que vous apercevrez en levant le nez, un escargot violet. L’enseigne à elle seule est une invitation à la curiosité. Rien à voir avec le bar d’autrefois, un peu glauque, la clientèle a bien changé et l’intérieur a été recomposé au goût du jour. A l’entrée un grand brun ténébreux vous accueille, c’est le maître des cocktails. Plus de 165 sont à la carte qui ne manque ni d’inventivité ni d’humour. Installez-vous, ne restez pas figés comme des momies sur le pas de la porte. Les fauteuils ? le canapé club ? A moins que vous ne préféreriez vous asseoir au bar et avoir une vue plongeante sur les jolis (mesdemoiselles je vous ai à l’œil, non mais)… frigos noirs décorés par Sylvain, maître pochoiriste.

Un petit creux ? C’est la salle tout en profondeur qui vous invite à prendre place en tête à tête ou entre amis. Elle jouxte la cuisine et l’on peut y observer le chef qui mitonne de bons petits plats.
La carte, ne la cherchez pas : tout est inscrit sur l’ardoise même les vins (n’oubliez pas vos binocles si vous êtes myopes !). Les plats sont délicieux et sont aussi plein d’inventivité au niveau de la présentation. Vous aurez le choix entre du kangourou, de l’entrecôte d’Irlande, de la souris d’agneau, du magret de canard sauf si vous voulez tester l’échec à l’escargot, ou, si vous avez commandé 24 heures à l’avance, vous faire une orgie de grenouilles ?

En dessert ne manquez pas le « Ki Tu au chocolat » J . Une soirée assaisonnée musicalement avec Barry White, des morceaux jazzy et des conversations très « courts ».

Seul petit bémol : l’attente ; je veux bien que l’on soit à l’escargot mais le serveur est loin d’être un mollusque. Il aurait besoin d’être épaulé.

Cet endroit ne manque pas de caractère et il atteindra sous peu, j’en suis sûre, une belle notoriété (attention messieurs de ne pas vous prendre la grosse tête !). Une adresse à retenir, un bon point de chute à conseiller à vos amis après un footing aux Buttes ou un vernissage à la librairie Photographiques. Sinon, j’ai vu en sortant deux messieurs qui jouaient avec des antennes d’escargot à faire du mousse, du jersey et du point de riz. Alors à quand les soirées tricot ? Je suis partante ! Et vous, vous seriez d’accord de nous rejoindre avec vos antennes et vos coquilles de laine ? Ce serait super rigolo, rien d’étonnant : on est à l’escargot !

Adresse :
50, rue de La Villette
75019 Paris
Tél : 01 42 06 03 96

Babelville

Le bas Belleville est, pour ceux et celles qui savent être curieux et acceptent de se laisser surprendre, un territoire plein de contrastes.

Quartier populaire, il ne se laisse pas découvrir dans la logique parisienne du métro, boulot, dodo. Ni l’automobiliste, pressé et obnubilé par la circulation, qui concentrera son attention sur son artère principale bouchée ; ni le piéton stressé (Margot à la crèche, Hugo au solfège, un suicidé sur la ligne 11, la queue aux caisses et à la poste, charrette au boulot et tutti quanti) ne sauront davantage lâcher prise.

Où que l’on soit nous restons trop souvent étrangers à nous-mêmes, au quartier où l’on habite.

Alors, sachez-le, découvrir l’âme de Belleville suppose de prendre le temps et d’aller à la rencontre de l’insolite pour découvrir, en poussant les lourdes portes cochères qui ponctuent la rue, des petites cours profondes où se nichent des maisons individuelles voire des maisons de maître avec des jardins privatifs, des immeubles de faible hauteur, des ruelles pavées, des cours pittoresques, des rues-escaliers, des cafés avec leur comptoir en zinc.

Un havre de paix qu’ont su si bien immortaliser en images Willy Ronis mais aussi Jacques Becker avec « Casque d’or » dont les personnages de chair et de sang hantent encore de nos jour la rue des Cascades. Sans oublier Jules et Jim qui rôdent encore non loin de la rue de Transvaal. Peut-être décrocherez-vous le ballon rouge du lampadaire comme Pascal, le personnage du film d’Albert Lamorisse ? Laissez-vous porter par le brouhaha des rues et transporter par le flux bigarré des passants, suivez votre ballon rouge…

Certes, les temps ont changé mais les fantômes du passé sont toujours là relayés par des nouvelles figures emblématiques. Une nouvelle culture urbaine se dessine, signe de la mutation d’un quartier. Des artistes investissent les lieux, créent de nouvelles ambiances, ajoutent un peu de poésie à des façades oubliées et condamnées à la démolition, s’expriment avec un brin d’insolence comme dans la rue Denoyez aux graffitis électriques. On voudrait imaginer un jeu de pistes, voire un Monopoly, mais c’est chose impossible : la ville de Paris veille et les œuvres s’évanouissent les unes après les autres sous les jets et peintures grises des nettoyeurs.

Paris secret, havre de paix : c’est le feu qui couve sur la cendre…

Car, pour conserver les traces de ses origines villageoises, les habitants ont dû se mobiliser férocement. Saluons, d’ailleurs au passage, la figure de proue de cette lutte acharnée : la Bellevilleuse qui a participé non seulement à préserver un cadre de vie mais aussi activement à empêcher le déracinement de familles condamnées à l’exil en banlieue.

Belleville, terre d’asile où cohabitent bon an mal an plus de 80 ethnies. Babelville, joli nom d’emprunt que lui a donné Joseph Bialot. Ce sont aujourd’hui des familles soutenues par des associations qui se mobilisent pour éviter l’exclusion des familles sans papiers menacées d’expulsions, victimes de rafles dans les cafés ou les boutiques.

Belleville fragile, Belleville outragée, c’est aussi cette réalité que le quartier affronte.

Oui, Belleville est le dernier quartier de Paris à avoir rendu les armes en 1871 et sera certainement l’un des derniers à refuser de perdre son âme, libérez Belleville !

05/01/2008

Chez Ramona

Décidément, ce quartier me surprendra toujours.

Ici, c’est « l’Espagne qui pousse un peu sa corne » comme aimait à le chanter Claude Nougaro.

A deux pas de La Forge (je vous en reparlerai, mais c’est une autre histoire…), et face à un interminable immeuble qui défigure la rue Ramponeau, se trouve une épicerie tenue par une famille qui résiste, vaille que vaille, aux outrages des promoteurs. Le plus intéressant, ce pourquoi nous sommes venus, le restaurant, est à l’étage auquel on accède par un escalier tortueux et plutôt raide.

L’accueil prodigué par Cuka, fille de Ramona, récompense largement l’effort fourni. Diserte et chaleureuse, Cuka vous installe dans une salle à manger rustique dont les murs sont un hommage (involontaire ?) à nos traditionnelles mais pour ainsi dire disparues auberges campagnardes. Des assiettes décorées côtoient les blasons du Real Madrid et du F.C. Barcelone (pour une fois réunis, sacrilège !) ou d’anciennes affiches de corridas que rehaussent quelques miniatures de têtes de « toros » ; le tout formant un ensemble d’un kitsch rafraîchissant. J’allais oublier les guirlandes clignotantes au plafond et les citronniers factices qui décorent les fenêtres mais qui peinent à faire oublier l’affreux immeuble en vis-à-vis.

La cuisine est familiale, simple et copieuse. Bien sûr, la paella tient une place de choix mais elle ne doit pas faire oublier les tapas fondants, le chorizo goûteux (et fort !) ou les anchois frais qui dominent les entrées. Parmi les plats, il faut se laisser tenter par le poulpe, tendre et relevé, ou la morue, ferme et savoureuse. La table est rustique, visiblement bien fréquentée par les espagnols et l’ambiance, quoique bruyante, sincère et enjouée. Ah ! j’oubliais, ne cherchez pas de couteau qui coupe, le seul de cette espèce est entre les mains de Cuka et elle y tient.

Aucun chichi, vous l’avez compris ; aucun risque non plus de retrouver ici les bobos de Jourdain, plus au nord, ou d’Oberkampf, plus au sud… Sauf si vous y venez le même soir que moi !

Adresse :
Chez Ramona
17, rue Ramponneau
75020 Paris
Tél : 01 46 36 83 55

02/11/2007

Les fantômes de Raoul Velasco

C’est une boutique devant laquelle je suis passée maintes fois mais où je n’ai jamais pris le temps de m’arrêter sauf qu’hier j’ai été attirée par de drôles de personnages. Le rideau de fer à moitié baissé, le nez collé à la vitre, j’aperçois des crânes, des têtes de mort et des squelettes. Sur la vitre une affichette indique « le jour des morts au Mexique : offrande et calaveras », un petit mot discret invite le visiteur à sonner à la porte d’à côté. Ma curiosité est à son comble. Je sonne.

Un monsieur ouvre et me salue avec un accent aux tonalités latines. Il m’invite gentiment à entrer et à me mettre à l’aise. Dans l’obscurité, il s’empresse et appuie sur l’interrupteur.

La lumière éclaire un autel de 3 étages (les différents âges de la vie) avec des offrandes et des crânes (calaveras en espagnol) en sucre, en papier mâché mais aussi des images humoristiques de figures contemporaines dépeintes comme des squelettes, certaines accompagnées d’un poème. Le maître des lieux allume les bougies. Cette année l’autel est dressé à la mémoire d’André Aubry, historien et anthropologue, grand défenseur des indiens du Chiapas, décédé il y a quelques mois. Il y a aussi la calavera Catrina (référence à une gravure de José Guadalupe Posada faisant aujourd’hui partie de l’imagerie populaire mexicaine). Elle est représentée avec un chapeau élégant et fleuri et incarne la femme dandy, une satire de l’élite durant le règne de Porfirio Diaz.

En fait nous sommes dans la galerie de Raoul, graveur mexicain, artiste plasticien. Il s’agit d’une exposition qu’il renouvelle chaque année pendant la fête des morts, un rituel mexicain. A cette occasion, des artistes du monde entier participent et laissent aller leur imagination en créant des calaveras... C’est surprenant de drôlerie et surtout un choc culturel pour nous occidentaux qui avons un triste rapport avec la mort.

Qui a dit que la curiosité était un vilain défaut ?

Alors ne manquez pas l’année prochaine pour la Toussaint d’emprunter la rue des Cascades, vous y croiserez des regards (pas de parano s’il vous plait !) et pourrez à votre tour vous laisser surprendre par les fantômes de Raoul.

Galerie Velasco-Meller
49 bis, rue des Cascades
75020 Paris
Métro : Jourdain