Affichage des articles dont le libellé est Paris 20ème. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Paris 20ème. Afficher tous les articles

03/12/2008

Comme sur une île

Partir à l’Ile Maurice n’est pas à la portée de toutes les bourses mais consolez-vous il y a d’autres moyens à Paris d’apprécier la culture mauricienne.

Par exemple vous pouvez essayer ce restaurant et découvrir les plats typiques de l’île afin de réveiller nos papilles en berne avec du poulet massala, du rougail crevettes, du mine frit, des carry ourites (entendez pieuvres)…et bien sûr en entrée des assortiments de beignets dont les traditionnels samoussas ou, mieux encore, les incontournables gâteaux piment.

Parmi le choix des desserts, le goûteux ananas victoria vous convaincra et, pour arroser le tout, la fameuse Phoenix. Ah ! et puis quel plaisir de retrouver la douceur de l’accent mauricien.

L’espace est lui aussi très agréable et soigné, petit (24 couverts) ce qui nécessite par conséquent de réserver le midi et le soir à moins que vous ne préféreriez la formule à emporter. Les photos exposées tiennent lieu de déco, alors avis aux amateurs et professionnels.

On s’y croirait ! (enfin presque), il ne manque plus que les clapotis du lagon et le balancement nonchalant des cocotiers et les zzzzzzz des moustiques. Au moins, une chose est sûr c’est que l’on ne repartira pas avec le chikungunya !

Adresse
83, rue Orfila
75020 Paris
Tél : 01 46 36 03 24

Vous partez à l'île Maurice ? Alors, pour ne pas bronzer idiot dans votre hamac, emportez un peu de lecture de circonstance : Jean-Marie Gustave Le Clézio.

12/11/2008

La librairie du genre urbain

On pourrait penser que cette librairie est nouvellement implantée dans le quartier, pas du tout !

Elle s’est juste déplacée de la rue de Tourtille à la rue de Belleville depuis décembre 2006. C’est une librairie de quartier avec un petit quelque chose de plus que n’ont pas ses consœurs puisqu’elle propose tous les ouvrages traitant de l’urbanisme, de la ville. Rien d’étonnant, le libraire, Xavier Capodano, est un ex-enseignant et chercheur en sociologie urbaine. Une double compétence qui lui permet aujourd’hui d’avoir pignon sur rue et de trouver des idées d’animation autour de ces sujets, peu souvent débattus. Un pari, celui de passer de la théorie à la pratique en participant sur Belleville à réintroduire de la diversité et favoriser la réémergence de commerces de proximité dans ce quartier populaire.

Si vous venez d’emménager à Belleville et/ou si vous avez décidé de découvrir le quartier … n’hésitez pas à y faire un saut. Vous découvrirez un rayonnage consacré à la découverte du Paris d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi une sélection de romans ayant pour toile de fond Belleville écrits par des auteurs ayant apprécié son côté cosmopolite comme Pennac et sa tribu Malaussène et bien d’autres encore…comme Joseph Bialot avec « Babel-Ville ». Une série noire dans laquelle on déambule dans des rues enneigées jonchées de cadavres tout en découvrant l’atmosphère populaire du quartier, une terre d’asile où de nombreux migrants sont venus trouver refuge…


Librairie du Genre Urbain
30, rue de Belleville
75020 Paris
Tél : 01 44 62 27 49
Métro : Belleville

13/06/2008

Krung Thep

Un peu excentré de l’animation bellevilloise, ce restaurant n’est guère engageant vu de l’extérieur, il semble presque à l’abandon pour tout dire. Mais comme précise le dicton « l’habit ne fait pas le moine ». Alors, nous décidons de nous y rendre.
Joli intérieur avec des tables basses en bois massif sculpté réhaussées de petits poufs roses. Des bouddhas au mur, de belles lampes, des bougies à chaque table… rien de comparable avec les restaurants chinois bellevillois. Chose surprenante tout de même on dirait des tablées de nains et là le charme s’efface pour laisser place à une légère angoisse: comment vais-je faire pour m’asseoir ?

Je vous préviens tout de suite, il serait de très mauvais goût d’y d’inviter la tante Louise âgée de 80 ans ou la copine qui souffre d’une sciatique après son déménagement sans parler du bon pote Hardy. Evidemment tout le monde vous regarde du coin de l’œil pour examiner la technique que vous allez utiliser pour réussir l’exploit de glisser vos jambes enkylosées par le froid sous la table… quelle chouette idée j’ai eue de renoncer à mettre la dernière jupe achetée chez « Foufoune et Cie » ! A bon entendeur…

Une fois installé, on se remet de cette partie de jambes en l’air et l’on s’aventure sur le long parcours du menu bilingue avec ou sans photos en faisant craquer sous les dents les traditionnels beignets aux crevettes. Plein de bonnes choses, un thaï en quelque sorte.

Un excellent repas, malheureusement gâché par une serveuse qui vous sert une succulente dorade en faisant une gueule de raie et qui semble avoir hâte que la soirée se termine vite. D’ailleurs je ne sais pas à quoi elle carbure, mais toutes les 5 minutes, elle ouvre le frigo pour boire une potion. Sûr ce n’est pas du Gin Cheese, passons…

Les spécialités (salade de pamplemousse ou de papaye verte par exemple) sont délicieusement épicées c’est-à-dire réellement piquantes, rien à voir avec les habituels préparations très édulcorées de la plupart des restaurants dits thaïlandais, sans atteindre non plus le niveau brûlant qui fait l’ordinaire des thaïlandais.

De façon plus sérieuse, sachez que le bouche à oreille fonctionne bien à tel point qu’il vaut mieux prévoir une réservation. Dernière précision, le restaurant est ouvert le samedi et dimanche midi et ne prend pas la carte bleue.

93, Rue Julien Lacroix
75020 Paris
Tel : 01 43 66 83 74
Métro : Belleville

03/06/2008

Lou Pascalou

Au creux des sinuosités de la rue des Panoyaux, on se croirait sur la placette d’un village avec son café et l’épicerie en face. Dans cet établissement inclassable, j’aime tout particulièrement le bon vieux bar en zinc dominé par de robustes lampes, type rétroprojecteurs, qui me font aussi irrésistiblement penser aux casques qui trônaient dans les salons de coiffure des années 1970 !

On y vient pour boire un verre ou prendre une petite collation. Au menu sur l’ardoise : des planches et des petites assiettes de fromage et de charcuterie (7,50 euros), des croque-monsieur (5 euros) et des quiches accompagnées d’une salade verte. Installés sur des chaises ou des bancs en bois on savoure un bon chocolat chaud en hiver, ou le pastis l’été à la terrasse.

On y bouquine, on y bosse ses cours de fac, on y rêvasse. Vous l’aurez compris, un vieux café plein de charme aux murs défraîchis et au plafond écaillé couleur café crème. On se laisse bercer par le poinçonneur des Lilas de Gainsbourg en regardant, nostalgique, la pluie mouiller les pavés. On attend, le dimanche après-midi, le concert du soir pour s’assurer d’être aux premières loges. Un haut lieu de Ménilmuche qui fait des émules depuis plus de cent ans.

14, rue des Panoyaux
75020 Paris
Métro : Ménilmontant

10/05/2008

Saint Fargeau

Ah ! Saint Fargeau, sa caserne des pompiers, son réservoir, son rectorat…non, je ne voudrais pas paraître sarcastique, c’est simplement que j’ai longtemps travaillé dans ce quartier et que j’ai peiné, pendant tout ce temps, à lui trouver de l’intérêt tant il était marqué par la grisaille des journées besogneuses.

Si l’on ajoute à cela que, comme nombre de quartiers excentrés de Paris, Saint Fargeau semble vivoter le long des maréchaux - presque déjà en banlieue… et l’on connaît l’appréciation que peuvent avoir les « vrais » parisiens de la banlieue - on comprendra l’âpreté de mon premier regard.

Pourtant, le TEP, hum ! pardon, le théâtre de l’est parisien vit dans le quartier et avec lui, non seulement à travers les spectacles qu’il présente, mais également par les animations qu’il propose notamment les chantiers d’écriture ou les lectures pour petits et grands.

Non loin de là, la campagne à Paris ne manque ni d’intérêt ni de charme pour qui aime se balader le nez au vent. Peut être croiserez vous d’ailleurs en chemin des artistes les yeux éclatés par des journées et nuits entières de répétition au studio Ferber. Pour la petite anecdote, le grand Jacques[1] est passé par là mais aussi Manu Chao qui a « confondu » dans son album « Sibérie m’était contée » le boulevard Brune avec le boulevard Mortier. Si vous voulez jouer au paparazzi, rendez-vous au Country Bar, peut-être réussirez-vous une interview exclusive à mettre en ligne sur votre blogue ou plus simplement à tailler une bavette avec Alex… à moins que vous ne préfériez la savourer.

La piscine Georges Vallerey, connue aussi sous le nom de piscine des Tourelles, l’été venu, ouvre son toit. Elle laisse alors s’échapper les cris des bambins et le souvenir de Johnny Weissmuller (mais si ! vous savez bien, Tarzan) qui y fut champion olympique en 1924. Juste à côté, une autre « piscine », très secrète celle-là et où l’on croise bien plus souvent des moustachus que des enfants ou des champions de natation, est planquée derrière de hauts murs qui ne portent d’autre indication qu’une interdiction de filmer ou de photographier. Qui se souvient, sinon Modiano[2], que cette caserne « hébergea », bien contre leur gré, des hommes et des femmes que l’on déportait ensuite ?

Oh là là ! c’est pas très gai tout ça, aurais-je un coup de blues ? Qu’à cela ne tienne, allons donc nous réconforter en goutant aux douceurs des Mascareignes, il suffit pour cela de pousser la porte de « Comme sur une île », rue Orfila.

[1] “Des chanteurs y’en a plein mais Higelin, y’en a qu’un!”.

[2] Patrick Modiano, Dora Bruder, Ed. Gallimard, « Folio » n°3181

12/03/2008

Les hauts de Belleville

Nous sommes grimpés de quelques étages, du bas Belleville via la rue Piat jusque la rue des Envierges, avant de nous retourner sur Paris maintenant à nos pieds. Si le panorama reste méconnu, il est néanmoins spectaculaire : prenons notre temps, les hauts de Belleville peuvent attendre encore quelques minutes.

Une promenade dans la villa l’Ermitage, îlot de calme ponctué de petits pavillons du XIXème siècle à deux pas de l’agitation de la rue des Pyrénées, est une invitation à l’oisiveté.
Jusqu’à ce que quelques émanations de solvants viennent vous chatouiller les narines. Normal, le mur des improvisations est proche et peut-être surprendrez-vous, de jour comme de nuit, des tagueurs en pleine action. Ils sont sympathiques et passionnés. L’activité est rarement solitaire, elle se construit en groupe où chacun définit son espace. La capuche sur la tête, le masque à gaz collé au visage, la bombe à la main, ils créent parfois juchés comme des acrobates sur des poubelles. Un réel contraste, un choc saisissant entre un art des rues, très contemporain, et l’espace urbain dans lequel il s’inscrit. Pour ma part j’ai une préférence pour la poésie des pochoirs de Miss Tic, la naïveté de ceux de Mosko & associés ou de Némo et l’étrangeté de l’homme blanc de Jérôme Mesnager.

Une visite rue du Jourdain en haut de laquelle trône la colossale église Saint Jean Baptise et où les plus fortunés du quartier font la queue le dimanche à la pâtisserie de l’église vous fait pénétrer le cœur du quartier. Vous remplirez facilement votre caddie de provisions pour la semaine : primeurs, boucher, fromager, tripier même (ils sont devenus si rares) jalonnent cette portion de la rue de Belleville qui remonte du métro Pyrénées jusqu’à la place des Fêtes.
Vous emprunterez la rue de la Villette pour faire un peu de lèche-vitrine ou pour rejoindre le majestueux parc des Buttes-Chaumont et son célèbre pont des suicidés. Le lieu idéal pour faire courir Médor, brûler vos calories, inviter tous vos amis à un pique-nique à défaut de pouvoir le faire dans votre 30m2 trop exigu. Pour les enfants, l’occasion de manger des barbes à papa, des gaufres ou des glaces à l’italienne, d’essayer le vélo ou les patins à roulettes flambants neuf, d’assister au «pestacle» de Guignol, de faire une ballade en poney.

Belleville c’est aussi les ateliers d’artistes de Ménilmontant, un tout nouvel espace d’art et de création incarné par la pavillon Carré de Baudouin –ex château de Ménilmontant, des lieux tendance de la nuit parisienne où entrent en concurrence La Bellevilloise (ancienne coopérative fondée par des ouvriers) et ses soirées électro-groove et la Maroquinerie où alternent reggae, funk, chanson française, musiques du monde.

Vous l’aurez compris, un territoire plein de contrastes où se projette dans de nombreux lieux l’ombre du passé, un quartier parmi tant d’autres avec son histoire singulière que l’on découvre petit à petit, indice après indice : plaques commémoratives, rames historiques, panneaux, fresques sur les façades, etc. laissés là comme si l’homme craignait toujours de perdre la mémoire.

12/02/2008

Le baratin

Cette fois nous avons réservé, nous ne voulons pas nous faire gentiment éconduire une seconde fois !

Nous avons pu retenir une table pour 19h30 mais d’autres clients sont attendus à 21 heures, inutile d’espérer traîner à table. Ambiance bistrot, sans fioritures, la carte est présentée sur un tableau noir qui circule de table en table. Nous faisons l’impasse sur les entrées, pourtant alléchantes (sardines crues marinées à la coriandre, poêlée de calamars au pimenton), et optons d’emblée pour l’épaule d’agneau de Lozère, rattes et épinards frais. Un verre de vin (un morgon, 5 euros) et nous nous attaquons à une assiette joliment équilibrée : la viande est délicieuse, on se demande même si on a déjà mangé de l’agneau quand on y goute, relevée d’une sauce simple et légère. Une réussite que les desserts, crumble pommes framboises pour moi et fondant au chocolat pour mon ami viennent superbement couronner.

Clientèle jeune et branchée pour une part, plus mûre et intello-bobo pour l’autre, l’ambiance reste agréable, bien aidée par un service détendu mais un rien empesée par les suites pour violoncelle de Bach en fond sonore.
Tout compte fait et l’addition (50 euros) digérée, l’adresse est très recommandable, on ne manquera pas d’ailleurs d’y revenir.

Nota bene : ne faites pas comme moi, évitez de commander un Coca ou un Orangina vous risquez de vous faire mal voir. C’est pire qu’un affront. Ici on marie les mets au ballon ou à la bouteille. Mise en carafe j’ai opté pour l’eau plate !

Adresse :
3, rue Jouye-Rouve
75020 Paris
Tél : 08 99 69 06 36

20/01/2008

Babelville

Le bas Belleville est, pour ceux et celles qui savent être curieux et acceptent de se laisser surprendre, un territoire plein de contrastes.

Quartier populaire, il ne se laisse pas découvrir dans la logique parisienne du métro, boulot, dodo. Ni l’automobiliste, pressé et obnubilé par la circulation, qui concentrera son attention sur son artère principale bouchée ; ni le piéton stressé (Margot à la crèche, Hugo au solfège, un suicidé sur la ligne 11, la queue aux caisses et à la poste, charrette au boulot et tutti quanti) ne sauront davantage lâcher prise.

Où que l’on soit nous restons trop souvent étrangers à nous-mêmes, au quartier où l’on habite.

Alors, sachez-le, découvrir l’âme de Belleville suppose de prendre le temps et d’aller à la rencontre de l’insolite pour découvrir, en poussant les lourdes portes cochères qui ponctuent la rue, des petites cours profondes où se nichent des maisons individuelles voire des maisons de maître avec des jardins privatifs, des immeubles de faible hauteur, des ruelles pavées, des cours pittoresques, des rues-escaliers, des cafés avec leur comptoir en zinc.

Un havre de paix qu’ont su si bien immortaliser en images Willy Ronis mais aussi Jacques Becker avec « Casque d’or » dont les personnages de chair et de sang hantent encore de nos jour la rue des Cascades. Sans oublier Jules et Jim qui rôdent encore non loin de la rue de Transvaal. Peut-être décrocherez-vous le ballon rouge du lampadaire comme Pascal, le personnage du film d’Albert Lamorisse ? Laissez-vous porter par le brouhaha des rues et transporter par le flux bigarré des passants, suivez votre ballon rouge…

Certes, les temps ont changé mais les fantômes du passé sont toujours là relayés par des nouvelles figures emblématiques. Une nouvelle culture urbaine se dessine, signe de la mutation d’un quartier. Des artistes investissent les lieux, créent de nouvelles ambiances, ajoutent un peu de poésie à des façades oubliées et condamnées à la démolition, s’expriment avec un brin d’insolence comme dans la rue Denoyez aux graffitis électriques. On voudrait imaginer un jeu de pistes, voire un Monopoly, mais c’est chose impossible : la ville de Paris veille et les œuvres s’évanouissent les unes après les autres sous les jets et peintures grises des nettoyeurs.

Paris secret, havre de paix : c’est le feu qui couve sur la cendre…

Car, pour conserver les traces de ses origines villageoises, les habitants ont dû se mobiliser férocement. Saluons, d’ailleurs au passage, la figure de proue de cette lutte acharnée : la Bellevilleuse qui a participé non seulement à préserver un cadre de vie mais aussi activement à empêcher le déracinement de familles condamnées à l’exil en banlieue.

Belleville, terre d’asile où cohabitent bon an mal an plus de 80 ethnies. Babelville, joli nom d’emprunt que lui a donné Joseph Bialot. Ce sont aujourd’hui des familles soutenues par des associations qui se mobilisent pour éviter l’exclusion des familles sans papiers menacées d’expulsions, victimes de rafles dans les cafés ou les boutiques.

Belleville fragile, Belleville outragée, c’est aussi cette réalité que le quartier affronte.

Oui, Belleville est le dernier quartier de Paris à avoir rendu les armes en 1871 et sera certainement l’un des derniers à refuser de perdre son âme, libérez Belleville !

02/11/2007

Les fantômes de Raoul Velasco

C’est une boutique devant laquelle je suis passée maintes fois mais où je n’ai jamais pris le temps de m’arrêter sauf qu’hier j’ai été attirée par de drôles de personnages. Le rideau de fer à moitié baissé, le nez collé à la vitre, j’aperçois des crânes, des têtes de mort et des squelettes. Sur la vitre une affichette indique « le jour des morts au Mexique : offrande et calaveras », un petit mot discret invite le visiteur à sonner à la porte d’à côté. Ma curiosité est à son comble. Je sonne.

Un monsieur ouvre et me salue avec un accent aux tonalités latines. Il m’invite gentiment à entrer et à me mettre à l’aise. Dans l’obscurité, il s’empresse et appuie sur l’interrupteur.

La lumière éclaire un autel de 3 étages (les différents âges de la vie) avec des offrandes et des crânes (calaveras en espagnol) en sucre, en papier mâché mais aussi des images humoristiques de figures contemporaines dépeintes comme des squelettes, certaines accompagnées d’un poème. Le maître des lieux allume les bougies. Cette année l’autel est dressé à la mémoire d’André Aubry, historien et anthropologue, grand défenseur des indiens du Chiapas, décédé il y a quelques mois. Il y a aussi la calavera Catrina (référence à une gravure de José Guadalupe Posada faisant aujourd’hui partie de l’imagerie populaire mexicaine). Elle est représentée avec un chapeau élégant et fleuri et incarne la femme dandy, une satire de l’élite durant le règne de Porfirio Diaz.

En fait nous sommes dans la galerie de Raoul, graveur mexicain, artiste plasticien. Il s’agit d’une exposition qu’il renouvelle chaque année pendant la fête des morts, un rituel mexicain. A cette occasion, des artistes du monde entier participent et laissent aller leur imagination en créant des calaveras... C’est surprenant de drôlerie et surtout un choc culturel pour nous occidentaux qui avons un triste rapport avec la mort.

Qui a dit que la curiosité était un vilain défaut ?

Alors ne manquez pas l’année prochaine pour la Toussaint d’emprunter la rue des Cascades, vous y croiserez des regards (pas de parano s’il vous plait !) et pourrez à votre tour vous laisser surprendre par les fantômes de Raoul.

Galerie Velasco-Meller
49 bis, rue des Cascades
75020 Paris
Métro : Jourdain